Hier soir, vers 21 heures 45 j’ai allumé la télévision et une émission d’Ushuaia diffusait un reportage sur un petit peuple d’Amazonie. Outre que cela fut très intéressant  une question fut posée aux deux spécialistes concernant leur perception du crime, de la condamnation, quels étaient les conséquences pour ceux qui entravaient les règles de la communauté. La réponse fut surprenante. Premièrement ils étaient horrifiés à la seule idée d’imaginer un homme enfermé par contrainte.  Deuxièmement, très peu de personnes ne respectaient pas les règles de ce petit peuple. Et si c’était le cas, la condamnation est d’étendre la personne à terre puis de la…chatouiller jusqu’à ce qu’elle rit ! Sans doute infiniment plus avancé dans ce domaine (comme beaucoup d’autres) ils ont compris que la joie est quelque chose de vital, le manque de joie générateur de troubles et de marginalisation. Ce peuple, ne connaît ni la quête du profit, du gain, de la compétition, de la contrainte, les tâches sont des tâches et non un travail à faire coûte que coûte. Quelle prétention que celle d’affirmer que notre foi en Christ  est arrivée à sa pleine compréhension. Nous sommes encore liés à tant de paramètres qui n’ont rien d’universels ni de fondamentaux. Je ne conteste en rien la foi en Jésus, bien au contraire, ce qui me désole c’est qu’on finit par croire que notre société est le fondement originelle de la foi alors qu’il n’en n’est qu’un résidu bancal et peu conforme à ce que Jésus nous demande de vivre. Apprenons à vraiment reconnaître ce fait et la prétention et l’arrogance de nos actes religieux seront dévoilés ainsi notre foi sera renouvelée. « Etre dans le monde » ne pas « être du monde » c’est cela aussi. La cruauté de notre système est reconnu, nous n’y pouvons rien et nous devons certes avancé de progrès en progrès et vivre pour manger et manger pour vivre mais ne nous faisons pas d’illusions, notre modèle de société est peut-être empreint du bon christianisme mais pour beaucoup de chose il va contre les enseignements mêmes de Jésus. Veillons à observer cela aujourd’hui, dans la perception de notre quotidien au travail, dans les conversations, les informations, les projets de chacun ….Je ne dis pas que cette société est meilleur, mais surtout notre société dite judéo-chrétienne n'est pas la société que Christ a voulu. L'idée de partage, de soutien, de compassion, d'amour n'est pas la source de notre quotidien. Je n'idéalise pas non plus la vie de cette petite tribu car la paix suprême du coeur ne nous ait accordé qu'en Christ. Mais ça c'est une autre histoire...

Quand je pense à Abraham qui s’en va sacrifier Isaac.
On s’arrête toujours sur l’obéissance d’Abraham.
On exhorte alors sur l’obéissance absolue, la nécessité de savoir percevoir le subtil ordre de Dieu. Mais souvent je pense au fameux «  et si… ? ». Cela aurait été affreux ? Dieu avait demandé ; qui aurait-il eut d’affreux ? Je pousse volontairement le bouchon loin car je voudrais que l’on arrive à pointer une éventualité qui n’est pas rare dans la pratique de la foi et de l’apprentissage de l’obéissance au quotidien et dans le service pour Dieu.
On peut se laisser persuader que nous aussi nous sommes des Abraham à l’écoute intime de l’Éternel le Père, mais avec beaucoup d’entre nous jamais Isaac n’aurait pu connaître Rébecca. On aurait plonger le couteau dans le cœur d’Isaac.
Pourquoi ?
Oublions le parallèle délicat qu’est celui du sacrifice d’Isaac pour nous focaliser sur l’obéissance, la réactivité et à l’abnégation de celui qui croit. Abraham accepte de sacrifier ce qu’il a de plus cher. Ce moment de sa vie nous sert d’exemple pour le service, le sacrifice pour Dieu (je ne m'étends pas sur la préfiguration de Notre Père et du Fils sacrifié). Mais surtout , Abraham a su arrêter son bras.
Combien de fois nous persévérons dans une voie de service quand nous pensons agir par la foi, l’obéissance, le sacrifice. Si Dieu nous demandait d’arrêter, nous mettrions du temps avant de reconnaître son ordre. Nous nous assurerions que l’adversaire ne tente pas de nous décourager, nous nous pousserions à persévérer. Tout cela est vrai mais je remarque que beaucoup d’activités ne reflètent plus le service à l’écoute de Dieu. Il m’est arrivé de tergiverser durant des mois avant de savoir que le combat que je menais pour tenir dans un service était tout simplement un combat contre l’ordre de Dieu. Rien n’était mauvais, tout était dans une logique pour la gloire de Dieu, seulement, telle n’était pas sa volonté.
Je remercie notre Seigneur pour un tel enseignement mais quand je pense à Abraham, en comparaison, jamais mon Isaac n’aurait survécu… Apprenons à nous laisser renouveler chaque jour.

De tels exemples bibliques arrivent à devenir dans notre inconscient de véritables images d’Épinal, pour ne pas dire des icônes. Le sacrifice d’Abraham ? Une broutille, facile. Jésus ? Un grand blond au-dessus des autres parmi la foule, l’apôtre Jean tout doux dès son plus jeune age alors qu’il était coléreux au début de son discipolat ! Je vous choque ? Pierre était impulsif mais Jean ?Marc 3.17 ; Luc 9.49, 52-56 Matthieu 20.24.
Combien de personnages dans la Bible sont imprimés d’une manière précise mais complètement  arbitraire dans notre inconscient, à cause de notre culture de notre passif etc. Par ce travers il peut nous arriver de penser ou d’agir dans une pseudo légitimité basée sur rien. La seule base solide ce sont les Écritures. Notre imaginaire veut parfois étendre des autels et serait prêt à immoler par un élan, un enthousiasme construits sur des décors bibliques mais sans fondement réel. Je veux apprendre à avoir la réactivité d’Abraham.

La foule, la masse humaine m'impressionne,, elle m'oppresse même.
L'agoraphobie.
Elle se définit par un sentiment fort d'isolement et paradoxalement d'un contact constant avec tous ceux qui m'entourent. Un fond paranoïaque, donc il m'est très inconfortable de faire des courses, il est hors de question de marcher en ville pour "flâner" .Ce genre de ballade tourne rapidement à l'errance et l'enfermement. Il y a bien quelques prudes et doctes penseurs pour me dire que c'est anormal pour quelqu'un qui se dit vivre en Christ. J'ai longtemps culpabilisé mais aussi réfléchis à cette faiblesse. Cette sensation de contact permanent est animée par la proximité corporelle et la sensibilité à percevoir les personnes en profondeur. Alors la foule est pour moi quelque chose de physiquement et spirituellement douloureuse. J'étouffe à l'idée de me noyer dans les foules de New-York, Tokyo ou Hong-Kong. C'est une dimension étrange et quasiment inenvisageable pour ma part.  Quel exploit alors celui d'arpenter une plage en été! C'est pour ainsi dire pratiquement impossible ou alors une lourde concession accordée à ma famille qui connaît l'ourse. La foule est une entité à part entière. Des spécialistes savent analyser la psychologie d'une foule. Les professionnels le disent souvent, le comportement d'une foule peut dégénérer d'un moment à l'autre. La foule a des réactions animales et incontrôlables. La foule a approché Jésus, elle s'est assise pour l'écouter, elle l'a préssé pour être guérie, elle l'a bousculé pour le chasser, elle a hurlé pour le crucifier. Je crois que Jésus peut encore conduire ses enfants à percevoir dans la foule LA personne qu'il veut saisir, La personne qui a besoin que l'on intercède pour elle. Mais quand je marche je suis à mon tour un élément de la foule pour quelqu'un d'autre, une goutte d'eau dans l'océan! Un autre mystère, c'est l'attention de Dieu, infiniment intense pour chaque être, chaque individu. Comme pour cette photo, prenons conscience que Dieu connaît parfaitement chaque personne dans sa totalité, physique, mentale, spirituelle, ancestrale même! Tant de mystères, de merveilles Seigneur. Apprends-nous à contempler ton infinité pour chacun d'entre nous.

Ne vous arrive-t-il pas de penser au Réveil ? Etes-vous enthousiaste ? Dubitatif ? Frustré ? Prudent ? Inquiet ? Amer ? Pour ma part je suis un peu tout cela en même temps.

Nous avons, je crois pouvoir le dire, une vision commune et globale du réveil qui ne me semble pas vraiment adaptée à notre culture. Je crois en la puissance de Dieu et en l’action du Saint Esprit, aux repentances en masse et sincères mais c’est la continuité et surtout la base envers laquelle je pose beaucoup de réserve. J’ai lu quelque part il y a peu de temps d’ailleurs un article qui visait juste très juste. J’ai confiance en l’action de Dieu sur ceux qui ne le connaissent pas encore mais l’Église, elle, est-elle prête ? Est-elle adaptée ? Est-elle volontaire ? Est-elle consacrée ? Met-elle de coté tous les préjugés ? La religiosité est-elle sortie de nos Églises ? Cet article donc, disait que le réveil n’était pas de mise mais ce qui était fondamentalement nécessaire était la Réforme de l’Église elle-même.


Une réforme pas un réveil.

La réforme amène toujours un réveil, mais les sursauts s’évaporent. Dans l’histoire il y a toujours eu des périodes de grandes réformes amenant de grands réveils. Ce ne sont pas de nouvelles théologies mais de meilleures applications de meilleures compréhensions. Ces réformes ont su se séparer des déviances et dérives religieuses qui devenaient des fondements solides mais pétrifiant l’élan de la foi en la Bonne Nouvelle. Je ne me permettrais pas de faire un cours d’ecclésiologie (j’en suis incapable) mais c’est clair les grand renouveaux spirituels et l’expansion de l’Église sont liés. Ils se produisent quand le contexte historico-culturel s’y prête, sont suscités par une personne-clé, sont accompagnés de progrès théologiques, ils sont propagés grâce à la circulation (libre ? pas toujours) de l’information et souvent commencent à l’écart des structures ecclésiales importantes. Je tenterais peut-être de développer cela plus tard.

En attendant demandons à notre Dieu un cœur disposé à une réforme personnelle, intérieure puis une réforme de notre communauté locale puis une réforme de la grande communauté de tous ceux qui acceptent Jésus comme Sauveur et Maître. Ensuite et alors nous pourrons voir le changement autour de nous car notre perception du monde sera changée et la perception de notre prochain le sera également. Cessons de se faire croire être si désireux de grands réveils en continuant de vivre une vie de foi aussi fade que stérile. Ca fait mal ? Quand je regarde mon bide, pas mon nombril, je me dis qu’il y a peut-être autre chose ailleurs.. Hé hé Mettons-nous enfin au point zéro des certitudes et commençons une véritable quête personnelle avec le Père pour que l’Église soit celle qu’Il attend vraiment.

Vaste programme.

J’apprend à devenir responsable de ces idées qui se bousculent et j’apprends à les déposer devant Dieu comme un serviteur. Soyons des servantes et des serviteurs. Plus je suis poussé à avancer par ce chemin plus la lutte est tenace et épaisse.

 

« Que faut-il pour changer le monde, pour le rendre vraiment meilleur ?»

Ron Sider pose cette question dans l’introduction de son livre «  Vivre comme Jésus » et cette question résonne en moi depuis longtemps déjà bien avant d’avoir entendu Sider la poser.

Je serai ennuyé et frustré d’une foi qui existe simplement.. ?… Cela ne m’a jamais paru être la foi que je vois dans la Bible. Les premiers disciples de Jésus ont bouleversé le monde ! Jésus est venu reprendre ses droits sur le monde qui a juste titre est le sien.

L’Église de Jésus-christ est destinée à être l’expression de ce que le Royaume de Dieu est et sera. Nous sommes appelés à des personnes influentes dans un monde qui est totalement  corrompu (voir Matthieu 5.13-16 : «  C’est vous qui êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, avec quoi le salera–t–on ? Il n’est plus bon qu’à être jeté dehors et foulé aux pieds par les gens. C’est vous qui êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le porte–lampe, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.  Que votre lumière brille ainsi devant les gens, afin qu’ils voient vos belles œuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux. » et Jérémie 29.7 : « Recherchez la paix de la ville où je vous ai exilés et intercédez pour elle auprès du SEIGNEUR, car votre paix dépendra de la sienne». 

Et nous voulons être d’influence tout en reconnaissant que nous avons été infectés par la corruption du péché qui continue de dévaster le monde autour de nous. Nous ne sommes pas immunisés. Mais nous sommes en rémission, par le sang du Christ (voir Romains 3.25  « C’est lui que Dieu s’est proposé de constituer en expiation, au moyen de la foi, par son sang, pour montrer sa justice ; parce qu’il avait laissé impunis les péchés commis auparavant," et Hébreux 9.22 «D’ailleurs, selon la loi, presque tout est purifié avec du sang, et sans effusion de sang il n’y a pas de pardon » . Une telle compréhension façonne notre attitude, ce que nous faisons et faire ce à quoi nous sommes appelés. Sachant que nous ne sommes pas supérieurs, mais totalement tributaires de la grâce de Dieu dans le sang du Christ Jésus. Nous devons être humble et remplis de compassion  envers le monde dans lequel nous sommes appelés à servir. Et, sachant que notre seul espoir est la grâce de Dieu, nous glorifions Dieu par notre connaissance et notre dépendance en Lui.

Malheureusement , je vois trop de prétendues églises, et trop de chrétiens, qui ont choisi de s’isoler du monde qu’ils considèrent comme pollué. Il n’ont pas l’intention d’essayer de l’influencer, mais seulement d’y échapper…

Cela  semble stupide pour un certain nombre de raisons.

Tout d’abord c’est une désobéissance directe à la volonté de Dieu pour son peuple (voir Genèse 12.2-3 : « Je ferai de toi une grande nation et je te bénirai ; je rendrai ton nom grand, et tu seras une bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront, je maudirai celui qui te maudira. Tous les clans de la terre se béniront par toi » . Le motif de cette désobéissance semble être la compréhension que nous ne sommes pas à l’abri de la corruption du péché. C’est donc un acte d’auto préservation, une tentative pour éviter d’être infectés. Mais cela reste encore une désobéissance à Dieu. C’est un manque de foi pratique en ce que Dieu veut préserver son peuple.

Deuxièmement, l’auto préservation est erronée parce que, comme Romains 3.23 : nous le montre : « tous, en effet, ont péché et sont privés de la gloire de Dieu »  , nous avons tous déjà été contaminés ! Nous pouvons nous cacher si nous le voulons, mais cela ne nous rendra pas bon pour autant. L’infection est à l’intérieur du camp.

Enfin, le pire de tous ceux qui vont s’isoler et vivre comme pensant être à l’abri des effets du péché, ce sont les « propre justes », les séparatistes. Si ils sont imperméables au péché pourquoi donc s’isoler ? Ces personnes ne sont d’aucune influence positive sur le monde que je peux voir. Et, franchement en raison de leur mauvaise perception d’eux-mêmes et de leur désobéissance directe à Dieu je ne suis pas vraiment sûr que je les considère vraiment comme des chrétiens. (Ce n’est que l’avis de l’auteur et selon mon expérience personnelle il n’a pas tort hé hé).

Donc en lutte avec cette question : Comment marquer notre différence ? Comment pouvons-nous changer le monde ? Comment pouvons-nous l’influencer vers ce que Dieu veut qu’il soit? Sider offre une réponse à ces questions. « Je pense que la réponse est simple : il faudrait qu’une toute petite fraction de chrétiens d’aujourd’hui croit vraiment ce que Jésus a enseigné et vive de la manière que Jésus a lui-même vécu. » Il a raison.

Le livre de Sider donne des précisions sur les moyens pratiques nécessaires pour examiner nos vies et pour que nos façons de vivre reflètent la vie et l’enseignement de Jésus. Il s’articule autour de ce que Sider qualifie « des caractéristiques d’un véritable chrétien ».

 

1.      L’authentique chrétien «  adopte » la foi, la sainteté et l’amour de Dieu.

2.      L’authentique chrétien vit comme Jésus.

3.      L’authentique chrétien garde son mariage et ses enfants avant sa carrière.

4.      L’authentique chrétien se nourrit chaque jour d’un renouveau spirituel et vit dans la puissance de l’Esprit.

5.      L’authentique chrétien s’efforce de rendre l’église un peu à l’image de ce que le ciel sera.

6.       L’authentique chrétien aime son prochain entièrement comme Jésus l’a fait.

7.      L’authentique chrétien pleure sur les divisions des églises et accepte tous ceux aui confessent Jésus comme Dieu et Sauveur.

8.      L’authentique chrétien confesse que Jésus est le Seigneur sur la politique et l’économie.

9.      L’authentique chrétien partage avec Dieu une préoccupation particulière pour les pauvres.

10.  L’authentique chrétien prend soin de la création et adore le Créateur.

11.  L’authentique chrétien est engagé dans le service.

Cette liste vaut à elle seule le prix du livre.

Je pense qu’il serait bon de réfléchir sincèrement sur ces fondements. Combien plus si l’on a commencé à reconnaître humblement avoir souvent fait preuve de négligence dans bon nombres de ces domaines et de commencer à agir en conséquence et conformément à l’enseignement et la vie du Christ Jésus.

Je pense que devons voir grandir notre influence, que notre influence serait considérée comme une chose positive. Voir Proverbes 11.10 «  Quand les justes sont heureux, la ville exulte ; quand les méchants disparaissent, ce sont des cris de joie. »

J’ai tenté de traduire ce texte tiré d’un blog anglo-saxon que j’apprécie et visite régulièrement.

http://wdennisgriffith.wordpress.com/2008/06/27/making-a-world-of-difference/

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