Quelle surprise de voir la roue tourner... Passer de jeune à "Djeune". Deux solutions s'ouvrent alors, oublier complètement et passer au monde adulte sans
regarder en arrière, ou bien jeter un regard de temps à autre pour y voir le perpétuel recommencement. Depuis des siècles les anciens disent des jeunes, la jeunesse n'est plus ce qu'elle était.
Être trop souriant avec la jeunesse peut nous faire passer pour "djeune", vous savez le ringard qui s'habille et parle comme eux mais avec ce goût de vieux, ce goût de pas vrai, de petit beurre
ramolli et ranci. Quelle surprise de se rendre compte un jour que nos propos ont pris le sens de ce que nous entendions auparavant. Entendre son père, sa mère ou un quidam qui un jour a dit une chose bien marquante. Dans le monde chrétien, il est délicat ce passage. Enseigner pour que le jeune reçoive et vive vrai. Car le jeune
a soif de vrai. Mais le jeune a soif de liberté et se plaît à contester et là vient la difficulté à transmettre la foi car plus on veut le faire plus le jeune s'éloigne ou fait mine de
s'éloigner. Là, l'adulte peut sentir la provocation et l'échec au tournant, son approche peut différer et virer au conflit engendrant un effet boule de neige négatif. Le jeu du censeur et
du rebelle mis en place est une histoire perpétuelle et douloureuse. La couleur d'un pull, le style d'une musique, la taille des cheveux, ne doivent pas devenir les motifs d'un rejet, d'un
mépris, d'une mise à l'écart "purificatrice" et moralisatrice. Un deuil peut si vite arriver, qu'il vaut bien d'éviter des regrets. L'amour, la foi ne sont pas des futilités, alors patience,
grande patience est demandée aux "djeunes". Notre Seigneur ne nous attend pas pour opérer dans les coeurs, les pensées les âmes. Certes nos exhortations sont nécessaires, pas le mépris,
l'exclusion la mise à part. Je crois que je rirai de voir Jésus revenir parmi nous avec des cheveux longs, combien alors, négligeraient-ils d'aller chez le coiffeur pour laisser le peu de cheveux
qu'ils leur reste. Avant de connaître le Seigneur, mes cheveux furent bleu et rose, une crête, ils disparurent et réapparurent en coupe réglementaire, maintenant ils sont rares. J'aime les
cheveux épais de mes fils, même si le choix de leur profession les contraindra à les couper, je ne me suis pas autoriser à les sanctionner du point de vue de la foi en Jésus Christ. Si certains
voient le diable trop près de mes enfants, j'en suis bien malheureux et la colère souffle chaudement sur mon coeur. Si je suis sévère avec mes enfants je ne supporte pas ces ingérances sectaires
et partisannes. Mes propos risquent de déborder donc je termine. Sur le lit d'un mourant viendriez-vous avec des ciseaux ou avec une parole d'amour et d'encouragement en Jésus? Chaque jour nous
sommes des mourants parmi les mourants, ne figeons pas les mots en des condamnations. N'oublions jamais, la vie simple assumée. Les grandes agitations ne durent qu'un temps. Regardons à droite à
gauche et ainsi nous oterons les oeillères qui nous gènent. Beaucoup oublient la réalité du quotidien faute de vivre un quotidien de travail, de sueur, d'affront avec des "prochains" pas
faciles. Le pain gagné au dehors loin du consacré, du béni, du très saint. N'oublions pas cela...